Les pays du Grand Sud francophone ont en commun l’héritage colonial et ses vestiges dont la langue française. La plupart de leurs textes juridiques sont issus de ceux de leurs anciens colonisateurs et comportent les mêmes dispositions discriminatoires à l’égard des femmes, des jeunes femmes et des filles. Leurs populations vivent des réalités très similaires : le sous-développement, la pauvreté, les formes d’organisations, et les relations interhumaines. Le patriarcat y est prédominant et se traduit par des rapports de force inégaux entre hommes et femmes, les adultes et les jeunes qui ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes.

Les conditions de vie des femmes, des jeunes femmes et des filles sont en général très difficiles surtout pour celles vivant en milieu rural, et dans les bidonvilles des banlieues. Et comme partout ailleurs dans le monde elles font face à de multiples problèmes liés à leur genre.

Les organisations et réseaux de femmes et de jeunes femmes francophones qui essaient d’aborder ces questions ont des problèmes très similaires en termes de capacité, de modèles et pratiques organisationnelles. Elles sont en général de petite taille et connaissent les mêmes problèmes internes et d’accès au financement.

La théorie du changement de XOESE se fonde sur le principe fondamental de la réflexion féministe selon laquelle aucune société ne peut être libre, démocratique et épanouie si elle ne traite pas toutes ses citoyennes et tous ses citoyens sur une base égale quel que soit leur genre.

Le féminisme est un mouvement idéologique, social et politique qui vise à réexaminer l’ensemble des relations sociales à partir de la perspective de genre.

XOESE est une organisation féministe et nous soutenons que la division sexuelle du travail telle qu’elle est reflétée dans les rôles de genre au sein de la société est davantage le résultat de facteurs économiques, sociaux, idéologiques et culturels que le produit des différences biologiques et anatomiques entre les hommes et les femmes.

Nous remettons en question toutes les valeurs associées à l’organisation patriarcale de la société, qui légitime les relations de domination et de subordination entre les hommes et les femmes.

Nous soutenons que ces relations doivent être complètement abandonnées et que les femmes, les jeunes femmes et les filles doivent être traitées de manière égalitaire avec les hommes, les jeunes hommes et les garçons et avoir les mêmes droits dans tous les domaines de la vie et toutes les sphères de la société.

Nous travaillerons à éveiller la conscience des femmes, des jeunes femmes et des filles sur leurs droits afin de les amener à réfléchir de manière critique et à remettre en question le rôle qui leur est assigné au sein de leur famille, communauté et la société en général, et à dénoncer toute forme de discrimination et d’oppression.

Nous allons viser à travers toutes nos actions à provoquer un changement positif durable dans les relations de genre en promouvant la participation à part entière et active des femmes et des jeunes femmes à tous les niveaux dans les processus de développement.

Nous travaillerons au renforcement des leaders et des organisations de femmes et de jeunes femmes francophones afin qu’elles soient des défenseures efficaces de l’égalité de genre et des droits des femmes, des jeunes femmes et des filles ainsi que des actrices infatigables du changement social ; des défenseures engagées qui mènent une lutte sans merci contre toutes les lois et pratiques discriminatoires à l’égard des femmes, des jeunes femmes et des filles y compris celles appartenant à des minorités, les autochtones, les réfugiées, les déplacées internes, les migrantes, celles vivant dans des communautés rurales ou reculées, dans des zones de conflits armés ou d’instabilité politique, les femmes, jeunes femmes et filles sans ressources, internées, détenues, handicapées et les femmes âgées.

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